HISTOIRE D'ECROUS.

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HISTOIRE D'ECROUS.

Message  lapétarelleducoin le Mar 4 Avr 2017 - 14:07

En parlant de récupération de ressorts au sujet de celui du kick de Pseu59, cela m'a ramené tout naturellement à un fait quasi anodin qui remonte à 1962.

A cette époque, (début de ma "période autos ancienne", je roulais avec une petite Rosengart cabriolet du type LR 49. (ceci pour la petite histoire et pour ceux qui connaitraient ou veulent savoir)
Voir ici: https://www.google.fr/search?q=cabriolet+rosengart+LR+49&client=firefox-b&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ved=0ahUKEwjOvum-vYrTAhVCvBQKHSPhAsUQsAQIGw&biw=1138&bih=508

Je travaillais sur le port, employé comme docker-conducteur d'engins (cariste, eh oui !) mais certains jours et selon le travail, nous travaillions alors comme simple dockers, soit "en cale", soit "à terre".
Ce jour-là, c'était à terre, et de ce fait j'étais arrivé sur place avec ma petite auto au lieu d'y arriver avec mon engin habituel pris au dépôt.

Pas toujours marrant de bosser comme simple docker. Certes, en contrepartie j'y trouvais quelques avantages. Tel celui d'avoir ma Rosengart près de moi (que je ne me lassait jamais de regarder) et les discussions que sa présence amenait toujours sur le tapis. Discussions m'ayant même amené par la suite à la découverte, puis l'acquisition d'un coupé Delage D4, véhicule assez rare pour être cité ici.

L'un de ces jours, nous travaillions donc à l'embarquement de matériel. Il avait plu et le terre-plein des marchandises à l'embarquement, non goudronné, était encore parsemé de flaques d'eau éparses.
Les chariots élévateurs qui passaient et repassaient sans cesse ne faisaient qu'aggraver les choses au point que ces flaques étaient loin d'être constituées d'eau limpide.

Un ami qui me connaissait bien, tout comme il connaissait ma passion pour les antiquités roulantes, vient me voir pour me dit tout excité : "-Viens voir, il y a une caisse éventrée avec plein d'écrous par terre !" Ce qui voulait dire en clair qu'il n'y avait plus qu'à se servir
Je vais voir et, en effet, je découvre une caisse, sans doute abîmée par une fourche de chariot élévateur. De cette ouverture accidentelle s'est écoulé un flot d'écrous acier de 6 m/m baignant pour bonne partie dans un mélange d'eau de pluie et de boue.

Ils étaient neufs, bien évidemment, et je n'avais qu'à me baisser pour les ramasser. Il n'y avait aucune gêne à le faire à ce moment-là.
Ne sachant dans quoi les mettre, j'ai sorti de ma LR 49 le sac de plage qui gardait mon casse-dalle de midi, que j'ai ensuite rempli en bonne partie d'écrous de 6 m/m, avec presque autant d'eau et de boue que d'acier.

Le temps à passé. Les écrous de 6m/m étaient monnaie courante et ne valaient pas tripette en 1962. Mais le temps passant les a bonifiés, non pas comme du bon vin mais ..... presque !
J'explique.

A ce jour, j'en ai encore une certaine quantité. Ils sont oxydés très superficiellement. Leur  partie centrale est toujours pleine de sable et j'y puise dedans depuis, lorsque j'ai besoin de beaux écrous de 6 m/m. (je vous rassure, l'eau s'est évaporée depuis ! :mrgreen: )
Il suffit de les souffler, voire leur repasser un vieux taraud  pour les nettoyer, de même qu'un très léger coup de brosse métallique pour qu'ils retrouvent leur aspect d'écrous neufs.

Vous me direz peut-être alors : mais pourquoi s'emmouscailler à employer des écrous de 6 m/m qu'il faut de toutes façons nettoyer un par un alors qu'on en trouve des neufs pour pas un rond de nos jours ?
J'y arrive.

En 1962 la plupart des écrous étaient encore fabriqués par décolletage, usinés je pense dans des barres hexagonales d'acier de 6 m/m sur pans.
Dans la décennie 1960 pas mal de normes ont évolué et les écrous de 6 m/m n'y ont pas échappé. Ils ont cesé pour la plupart d'être décolletés pour être matricés. Aussi efficaces mais moins jolis.
Non seulement ils ont été matricés mais ils ont fini par être tous plus ou moins zingués, bichromatés, etc.
Puis, entretemps, certaines de leurs normes ont évolué. D'écrous HH ils sont passés à HU et du coup ont rapetissé en hauteur, quand ce ne sont pas, pour d'autres, leurs dimensions sur pans qui ont changé aussi. (l'écrou de 8 m/m ayant non seulement vu sa hauteur passer de HH en HU mais aussi son six pans de 14 m/m passer à 13 m/m)

Tout ceci pour dire qu'une récupération d'écrous dégueulasses et mélangés de boue en 1962 me permet d'avoir encore sous la main cinquante cinq ans plus tard des écrous neufs aux anciennes normes. Normes utiles dans le cas exemplaire de la fixation d'un cylindre sur son carter (Cylindres de Terrot VM, Aubier & Dunne, Zürcher pour ne citer que ceux-là) où l'aspect d'un écrou HH bien visible prend son toute son importance, à l'inverse de celui qui se trouvera, par exemple, sous le cadre pour tenir un collier .....  

Si ma petite histoire vous a intéressé, tant mieux.
Elle confirme une fois de plus que l'on ne peut travailler sans un minimum de petites pièces en réserve et ..... qu'il faut s'y préparer tôt !

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Re: HISTOIRE D'ECROUS.

Message  jack177071 le Mar 4 Avr 2017 - 18:45

c'est toujours le problème de conserver des choses qui paraissent anodines et qu'on utilisera peut ètre un jour. En attendant cela fait des greniers assez "foutoirs" et malheureusement parfois on ne se souvient plus que l'on avait cette petite chose qui nous aurait bien rendu service ....
Après c'est la clairvoyance ... ou l'expérience qui nous font jeter des objets inutiles ... mais qui sait, cela aurait pu servir un jour scratch ..... et de garder ce qui sera certainement utile .... ou jamais bounce Un vrai casse tète affraid

Il y a quelques années j'ai jeté tout un assortiment de "quincailleries" pour faire des courroies plates en cuir (rivets, griffes d'accrochages pour relier les extrémités) ...... Dans les anciennes fermes agricoles on en voyait pas mal.
C'est vrai qu'à l'époque il n'y avait pas internet et honnêtement aujourd'hui je pense que je mettrais ces "vieux objets" sur le Bon Coin, pas dans l'espoir de faire fortune mais il y a peut etre des gens qui restaurent des vieilles machines agricoles, ou des machines industrielles du 19 ou début 20ème siècle et qui auraient été heureux de récupérer ce vieux stock pour pas cher .....

Parfois on hésite ... bêtement .... en se disant que ça intéressera personne. C'est un tort ...et quel est le risque de les mettre pendant 2 ou 4 mois en vente sur internet avant de finalement les mettre en déchèterie si cela n'a aucune valeur ou intérêt pour quiconque.

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Re: HISTOIRE D'ECROUS.

Message  lapétarelleducoin le Mar 4 Avr 2017 - 21:15

Eh oui, bien sûr ! Ce qui me fait revenir à ma passion des autos anciennes qui m'a tenu si longtemps.

Au tout début de cette passion dévorante et envahissante s'il en est, je me suis retrouvé avec toutes sortes de pièces de B.M.A de ma passion première. Je me souviens alors d'avoir ferraillé (ou carrément jeté, je ne sais plus) une caissette entière de carburateurs qui feraient encore aujourd'hui mon bonheur s'il m'était possible de les retrouver par un simple coup de baguette magique.

Pour moi, et à ce moment de ma passion pour les antiquités mécaniques, en découvrant ma première auto ancienne qui fut en même temps la première de mes autos, j'avais l'impression qu'une page de celle-ci était définitivement tournée, sans retour en arrière.
C'était sans compter sur la nostalgie ! ..... Sad

Après avoir "passé" un nombre d'autos d'avant-guerre presque incalculable, je n'imaginais pas un jour remettre le nez dans ces bêtes à chagrin qu'avaient été mes B.M.A.
J'avais tout viré sur une sorte de "remise à zéro du compteur" pour mes nouvelles pensionnaires, sauf deux moteurs Aubier & Dunne pour lesquels j'avais une "tendresse" particulière et auxquels je ne me résolvais pas à faire subir le même sort.

Il ne faut jamais dire : "Fontaine, je ne boirai pas (ou plus) de ton eau"
Une seule chose est sûre : c'est que l'on n'est jamais sûr de rien !

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